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Viva Espagña – Truites trophées au chant des cigales

Covid et planning trop incertain obligent, pas de trip Montana pour le 2ème été consécutif… Romain me motive pour un petit flyfishing trip improvisé à portée de voiture: Dolomites? Autriche? Slovénie ? On opte finalement pour le plus simple et proche, l’Espagne et les tail waters de Catalogne. Au moins il fera beau et on s’échappe de ce temps misérable qui sévit en ce début de mois de juillet dans le sud ouest. Alex, médecin globe-trotter, se joint à nous pour cette escapade Ibérique.

Collecte rapide de quelques renseignements sur internet, prise des permis Catalogne sin muerte en ligne la veille au soir, à l’arrache (https://aplicacions.agricultura.gencat.cat/mediamb_sgll_public/AppJava/llicencies/llicenciesTitular.do?reqCode=inici)
Petite auberge de rêve réservée sur les hauteurs d’Anglès, et en route pour 5 ou 6 heures de route à travers les Pyrénées Ariégeoises, via Foix et Andorre, sous une pluie incessante et dans les nuages.

El mas del terrats en amont du barrage au bord du Ter:

Passage en Catalogne, +10C, soleil et cigales :). Bienvenu au pays des truites qui gobent au chant des cigales !
Il faut avoir connu et expérimenté le fantastique potentiel des tail waters du Montana (rivières à salmonidés nées des exutoires en pied de grand lacs de barrage produisant un débit regulé d’une eau fraîche toute l’année quelques soient les conditions climatiques. Les plus connus dans le Montana, la Missouri à Craig, la Big Horn à FortSmith, véritables usines à insectes et paradis de la pêche en sèche au milieu du desert).
Le Ter à Anglès, que l’on va pêcher durant ces 3 jours, mais aussi le Segre à Ponts ou encore la Rigor encore plus à l’Ouest en limite d’Aragon offrent ces mêmes conditions assez inespérées, toute l’année, sur des zones initialement plutôt propices à la pêche de la carpe et de la Brême. Vous rajoutez à ces excellentes conditions halieutiques une gestion rigoureuse et efficace des parcours, entre cotos et sections libres en ‘sin muerte’, une vraie garderie efficace et vous obtenez un petit paradis de la pêche à la mouche pour traqueur de grosses farios (mais aussi des arcs surpuissantes) en sèche, head and tail sur des glides, retournes et autres bordures ombragées, des coups compliqués, des poissons difficiles, mais actions passionnantes sur des truites de rêve. On laissera le terrain libre aux adeptes de la nymphe qui pour les plus aguerris à cette technique parviennent à des scores de 50 poissons par jour de taille plus modeste (et pas toujours très nettes, un peu en mode manches courtes) sur le coto ‘pesca intensiva’ d’Anglès, pour se concentrer sur la recherche de ces truites trophées en sèche sur les portions libres no kill du Rio Ter.

Le Ter à Anglès:

Des actions de rêve sur des gros poissons, avec quelques coups mémorables:
1er coup du soir le lundi après installation au mas els Terrats et prise de conseil chez le vendeur de velo. Et 1ère belle Fario pour Romzy sur rusty spinner sur le glide du haut (le plat de l’arbre pour les initiés).

J’enchaîne avec 2 belles arcs format bonite d’Osborne sur le pool juste en dessous qui me mettent sur le backing, toujours sur rusty spinner (grosse retombée de spent). Romzy décroche un gros poissons sur le pool suivant (le pool de la rive infernale, encore pour les initiés). Quelques farios de taille plus modestes viendront compléter ce 1er coup du soir prometteur.

Grosses assiettes mixtes réparatrices chez la Rutlla et retour à l’auberge vers 23h30.
Reveil à 7h pour une session matinale, mais pas d’activité. Quelques gobages aléatoires, 1 belle décrochée par Romzy sous l’arbre, mais assez calme.
Retour à l’auberge pour un gros breakfast et bonne sieste au chant des cigales.
Retour sur la rivière au spot du rond point de la vielle bique (pour les initiés). Belle éclosion en plein après-midi de dun gris à corps jaune/beige bien imités par nos classiques CdC du gave de Pau. On repère plusieurs Grosses farios en maraude sur un grand glide, en mode Hegben lake. Action diabolique pour arriver à poser sur le parcours d’une de ces 20inch. J’y parviens après de nombreuses mises en échec. Alors que je n’y croyais plus une belle Fario modifie enfin sa trajectoire pour engloutir mon CdC. Énorme ferrage en retard, mais ça passe. Belle Fario bien dodue dans la filoche.

Alex fait monter un beau poisson à table sur le pool du dessus mais la rate au ferrage. Et Romzy toujours en quête du graal se casse les dents sur une très grosses fario qui intercepte des petits duns dans un calme de la berge sur le pool du bas. Palpitant dans le rouge pour Romain devant le spectacle de cette Fario trophée qui englouti délicatement des éphémères dans cette veine d’eau diabolique, spéciale dragage. Échec après 2 heures, malgré un passage en pointe de 6x. Mais le poste est bien enregistré par Romzy. Affaire à suivre.
On décide de faire le coup du soir sur le pool des grosses arcs d’hier soir, mais la place est prise par un Espagnol très démonstratif qui occupe le terrain …Signe du destin, on s’échappe pour revenir au spot de la vieille bique. Bonne option. Le léviathan de Romzy est à nouveau en poste sur sa berge. Les conditions ont changés, le vent est tombé, Romzy fort de son échec de l’après midi se positionne idéalement et bingo. La belle finit par engloutir son petit CdC sur 6x. Belle bascule et ferrage. Action de rêve, combat lourd, poisson qui tient le fond, tout en puissance, mais sans rush ni coup tordu (ça sera un constat de ce 1er séjour sur la Ter, les grosses farios combattent au fond, en puissance mais sans coup tordu ni gros rush, laissant une bonne chance même sur 6x). Combat bien maîtrisé, patient, le fish commence à monter en surface et Romzy très concentré parvient à l’amener vers ma raquette. Elle est au fond. Magnifique poisson, longue, trapue, cuivrée. Le petit CdC idéalement piqué dans le cartilage en bout de mâchoire. Quelle action et Quel fish! Mesurée à 55cm. Content le Romzy.

Le temps de la relâcher, un autre léviathan a pris la place et perce la surface dans la même veine d’eau, mais ne se met pas vraiment en poste et ne me laisse pas le temps de l’attaquer. Fin du coup du soir et célébration de ce poisson d’exception devant une double ration de magret et de lomo à la plancha.

Mercredi 14 Juillet, on a réservé le fameux coto intensivo di pesca sin muerte d’Anglès. Pour faire court, très beau, beaucoup de portion rapides, paradis de la nymphe au fil, quelques opportunités le matin en sèche sur un glide (dont un joli coup bien tordu sous les branches), mais globalement décevant avec de nombreux poissons de bassines (manches courtes). Une armée de pêcheurs français occupe le terrain et enchaîne les poissons en nymphe. Pas notre kif. On laisse la place pour aller se taper un bon brunch à la casa et faire un break avant de repartir traquer les monstres sur les zones libres.
Retour vers 16h sur le spot de la vieille bique. Trop de vent, Peu de fish en maraude, sur le lac du haut, un monstre sur le spot de Romzy de la veille (la même?) mais trop timide, gobages intermittents, puis qui disparaît rapidement. On décide de retourner sur le spot aux grosses arcs suffisamment tôt pour occuper le terrain. La zone est effectivement libre mais encore trop tôt pour la fête. Un gros orage éclate et nous force à un repris stratégique dans la voiture garée à proximité. Après une bonne heure de pluie bien copieuse, l’accalmie. Il est 19h30, La température a chutée, la rivière fume. Les niveaux sont montés de et l’eau s’est teintée. Le gros coup est pour nous. En fait ces conditions déclenchent une magnifique eclosion d’éphémères et le spot rentre en ébullition. Alex sorti en premier la voiture revient vers nous en courant en nous annonçant des gobages en grand nombre. Effectivement, et quels gobages! Une multitude, à ne plus savoir où donner de la tête, et surtout des bons gros gobages bien gras, en plein milieu, avec des head & tail à vous décrocher le palpitant. Que des grosses Farios. C’est magique. On a une quinzaine de gros poissons dehors, pour nous, a table sur des duns. Bon gros CdC corps beige/jaunâtre et c’est partie. Le plus dur est de se concentrer sur un fish et ne pas se disperser après quelques passages infructueux. La difficulté réside dans la profusion de mouche sur l’eau et le déplacement de ces gros poissons qui se gavent littéralement. J’ouvre les hostilités avec un gros mâle préhistorique qui engloutit mon CdC. Gros combat bien lourd, mais comme d’habitude, sans gros rush ni coup tordus dans les bancs d’algues ou tours de rochers. Elles sont bonnes filles. C’est un très gros poisson, foncé, mâchoire énorme, nageoires format pelle à tarte.

Alex tape à son tour et ramène sa 1er grosse Fario du Ter. Il est aux anges. Top!

Et c’est au tour de Romain de s’atteler sur une de ces truites trophées. Magnifique spécimen avec des couleurs somptueuses. Carton plein donc pour l’équipe.

Mais la fête est déjà finie, la rivière baisse déjà et s’éclaircit, le coup d’eau qui avait fait sortir toutes les mémères du coin est passé. Il fallait être là sous l’orage. Nous y étions, sans concurrence, tous seuls. Mémorable.
On fini sur une paire de belles arcs sur vitaminées

Contente l’équipe. Grosse ventrée de costillas et magret pour se remettre de nos émotions.

Jeudi 15 juillet. Alex nous quitte pour rejoindre Barcelone. Nous décidons de rester une nuit de plus avec Romzy afin de faire un dernier coup du soir.
Journée farniente au bord de la piscine et retour sur la riviere à la fraiche en fin de journée.

On va pêcher la partie en aval du pool aux arcs. Romain en mode prospection sur la rive gauche au milieu des joncs. Une grosse fario lui fait le spectacle sur une retombée de fourmis. Romzy a compris et lui presente la bonne mouche sur son parcours, à l’arbalete. Bingo. C’est encore du lourd. Magnifique male:

De mon coté, rive droite, je repère un gobage prometteur dans la nuit tombante. ça monte, c’est une très belle arc, bien trappue:

J’enchaine avec une belle fario:

Et Romzy revenu sur la rive droite clôture la série par une nouvelle superbe brownie. Il fait nuit, les gobages bruyants continuent mais c’est l’heure de plier, bien rassasier.

Bilan plus que positif pour cette première escapade sur le tail water du Ter en Catalogne, en plein mois de Juillet, au chant des cigales. A refaire au printemps quand nos gaves sont en eau de neige ou à l’automne.

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Nico:
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