La famille derrière le blog
Nico & Co
Un père. Deux fils. Le même virus.
Des Gaves aux Rocheuses, de l’Écosse aux flats des Caraïbes et jusqu’aux profondeurs de Tenerife.
Chez les Carles, la pêche n’est pas vraiment un loisir. C’est plutôt une maladie familiale incurable. Nico l’a attrapée le premier. Puis il a commis l’irréparable : il l’a transmise à Romain et Louis, qui pêchent pratiquement depuis qu’ils respirent.
Nico
Le virus originel.
Au commencement, il y a Nico. Le père, le premier contaminé et, reconnaissons-le, le principal responsable de tout ce qui a suivi.
Depuis des décennies, il promène ses cannes entre le Pays basque, l’Écosse, les Rocheuses américaines et les eaux tropicales. Truite en sèche, saumon, bonefish, tarpon, pêche en mer : la technique change, mais l’obsession reste exactement la même. Comprendre ce qui se passe sous l’eau, repérer le poisson et trouver le moyen de le faire prendre.
Les rivières écossaises occupent une place à part. La Don est devenue au fil des années une sorte de seconde maison, avec ses olives, ses March Browns, ses brownies dorées et ces gobages minuscules derrière lesquels se cachent parfois des poissons énormes.
Et puis Nico a fait ce que font les parents irresponsables : il a emmené très tôt ses deux fils au bord de l’eau. Romain et Louis ont grandi avec des cannes, des boîtes de mouches, des réveils beaucoup trop matinaux et des voyages organisés autour d’une question essentielle : « Ça pêche où ? »
Il leur a appris à lancer. Il leur a surtout appris à regarder. Le reste, ils l’ont dangereusement bien appris tout seuls.
Romain
Quand il ne dit plus rien, méfiez-vous.
Romain — Romzy dans les récits — a développé une qualité particulièrement agaçante pour les gens qui pêchent avec lui : il trouve souvent le poisson qu’il fallait trouver.
Il observe, il attend, il se place. Et quand il devient soudainement silencieux, c’est généralement qu’une cible sérieuse vient d’apparaître quelque part dans une veine d’eau.
Des truites trophées du Montana et de la Don aux bonefish des flats caribéens, il a construit une pêche précise, méthodique et redoutablement efficace. En Guadeloupe, le fils a même fini par inverser les rôles : c’est désormais lui qui prépare les sorties, connaît les secteurs et met parfois Nico sur les poissons.
Son terrain de jeu ne s’arrête d’ailleurs plus à la mouche. Dans les Antilles ou aux Canaries, on le retrouve aussi derrière les tarpons, les carangues, les snooks ou les gros poissons de fond. Le matériel change. L’envie de comprendre et de traquer, beaucoup moins.
Une bonne dérive, beaucoup d’observation et cette capacité énervante à transformer un gobage que personne n’avait vu en photo souvenir.
Louis
Du 6X à la grosse artillerie.
Louis — Luingins pour les intimes du blog — a lui aussi grandi canne en main. Les archives le montrent déjà gamin au bord de l’eau, bien avant que les voyages de pêche deviennent une affaire sérieuse.
Lors de son premier Montana en 2019, il ne tarde pas à comprendre les règles locales : grosses farios, gros rushs et aucune envie de faire de la figuration. Le séjour lui offre plusieurs poissons trophées, dont un énorme mâle pris presque dans la nuit au terme d’une action improbable.
Depuis, le registre s’est considérablement élargi. Installé plusieurs années à Tenerife, Louis partage son temps libre entre surf, pêche et Atlantique. Et là, on change franchement de catégorie : sérioles, dentex, poissons capables de transformer une canne puissante en branche de saule et un pêcheur en passager clandestin.
Le plus drôle est qu’il peut passer, quelques semaines plus tard, d’un combat brutal en pleine mer à une pointe en 6X et une petite olive sur une truite écossaise. Deux mondes. Même concentration.
Un pied dans les torrents, l’autre dans l’océan. Et manifestement aucune intention de choisir entre les deux.